Note : j’avais initialement écrit ce papier ce week-end, mais depuis l’article de base a été modifié par Rue89. Ca modifie le passage sur la « violence » des propos, mais je vais partir du principe que vous avez lu l’original. Et crotte.
Scandale à Rue 89. Le wacisme est là, le wacisme est partout. On l’a trouvé le wacisme. Si, si, dans ce petit lycée agricole du sud de la France, le fantôme de Charles Maurras vient hanter les élèves et leur faire adopter des comportements wacistes.
Mais que se passe-t-il ? Des lynchages ? Des Noirs pendus hauts et courts jusqu’à ce que mort s’ensuive ? Des diswiminations à l’entrée de la boîte de nuit du coin ?
Rien de tout cela. Ce qui fait mouiller les deux petites journaleuses de Rue 89, c’est que dans ce lycée, les Noirs et les Blancs ne se fréquentent pas. Ils mangent chacun dans leur coin, posent leurs sacs à des endroits différents, restent séparés.
Ni une ni deux, la brigade spéciale du vivre-ensemble, cofinancée par le ministère de l’Intérieur et l’ambassade américaine, fait une descente sur ce lycée pour pointer les coupables du doigt. On interroge les témoins, les victimes. Surtout pas les wacistes Blancs, faudrait pas déconner non plus, mais on interroge quand même des Blancs. Qui témoignent du fait que le ventre de la bête immonde est toujours aussi fécond. On donne même à une Blanche l’occasion de tenir un discours d’une « violence » à faire trembler Dominique Sopo : les Noires auraient un comportement différent de celui des Blanches !
J’espère que la donzelle a été tondue pour avoir osée faire ressurgie les heures les plus sombres de notre histoire.
Plus tard, des Noires expliquent à quel point elles sont persécutées. Elles sont doublées dans la queue pour la cantine, les Blancs ne s’assoient que loin d’elles, elles se font même parfois « emmerder » par le chauffeur de bus, et seuls d’autres Noirs prennent leur défense ! Alors qu’elles ont un esprit « africain », c’est-à-dire fait de joie de vivre, de bonheur, d’humour et de soleil.
Bon, un peu de sérieux.
C’est probablement involontaire, mais ça doit être le meilleur article qu’il m’ait été donné de lire sur la question raciale dans la presse classique. Sans doute parce que la journaleuse estimait les propos qu’elle rapportait suffisamment choquant pour se passer de commentaire. Elle n’a bien sûr pas eu l’honnêteté d’interroger le waciste, au moyen d’une pirouette (« oh oh oh ! Sa copine refuse de le laisser parler ! »), mais sommes toute, on s’en fout de ses justifications. Je suis à peu près certain qu’il n’en a aucune, du moins aucune d’honnête. Mais ça ne veut pour autant pas dire qu’il n’a pas raison. Bien au contraire.
Fred, tu n’as pas envie de fréquenter des Noirs ? C’est normal que tu n’en veuilles pas parmi tes proches, étant donné qu’ils ne sont pas comme toi. Il y a quelque chose chez eux qui te dérange, mais tu n’arrives pas à trouver ce que c’est. Alors tu inventes des justifications, parle de ceci ou de cela. Mais ce que tu n’oses peut-être pas t’avouer, c’est que tu n’a aucune raison rationnelle, aucune raison logique.
Mais ça ne veut pas dire que tu n’as pas raison.
Bien au contraire, il n’y a rien de plus naturel, rien de plus normal, pour toi comme pour eux d’ailleurs, que de vouloir rester avec des gens de la même race et de la même ethnie. C’est tout simplement normal, naturel, humain.
Quand la jeune Noire dit qu’elle a un comportement africain, c’est bien un comportement qui n’est pas le même que celui des élèves européens. Il est différent. Et quand elle dit qu’elle rêve de la Guinée, pays où elle n’a jamais mis les pieds mais d’où viennent ses parents, elle ne fait jamais qu’exprimer à sa manière qu’elle n’est pas comme toi. Ses racines l’appellent, son sang lui réclame la chaleur du soleil d’Afrique, sa culture n’est pas adaptée à son environnement. Oh, bien sûre, si elle se retrouvait demain en Guinée, elle n’y serait pas plus chez elle qu’aujourd’hui dans ce lycée agricole. Pauvre fille, déracinée à vie, comme ces millions d’afro-maghrébins qui se sentent mal ici et sont rejetés là-bas. Victimes des patrons qui les ont fait venir, des associations qui les ont aidés, des politiques qui ne les ont pas immédiatement foutus dehors.
Cet article, bien involontairement sans doute, montre le processus spontané d’apartheid qui se met en œuvre naturellement dès que vous mélangez deux races dans un espace séparé. Elles ne peuvent pas se blairer. Elles ne se fréquentent pas.
Et vous savez quoi ?
C’est très bien comme ça.



“Claire – tous les prénoms ont été changés, à la demande des élèves ou bien pour les protéger –, 16 ans, nous a donné rendez-vous dans « le temple du shopping » de la ville d’à côté. Claire est une première de classe, habillée de bleu et marron, fan de l’écrivain Pierre Bottero, utilisant l’expression « c’est avantageux » pour dire « c’est frais ».”
C’est magnifique… Vous pourriez pas mettre une photo, en prime ?
C’est le gros problème de la France. Aux États-Unis au moins, on n’oblige pas les uns et les autres à vivrensemble. Chacun peut développer sa singularité de son côté sans subir la pression de toutes les institutions… Ce serait le paradis si nous pouvions, nous, défendre le peu qui reste à l’abri de communautés reconnues et nullement persécutées. Mais nous avons, nous, le jacobinisme qui fait de l’imbécillité assimilatrice une obligation d’Etat. Il faut donc accueillir sur votre palier toutes les richesses de tous les exotismes… un bienfait obligatoire…
Quant à Maurras, il n’était nullement raciste mais tout au contraire explicitement anti-raciste… Les Français d’ailleurs – y compris les nationalistes – ont toujours été anti-racistes… ceci expliquant peut-être cela…