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Archive for novembre 2010

Morale publique

Il y a quelques jours, nous apprenions la suspension d’un professeur d’histoire-géographie au prétexte que ce dernier aurait projeté un film contre l’avortement à l’occasion d’un cours d’éducation civique :

« J’ai demandé au recteur de l’académie d’Aix-Marseille de suspendre le professeur à titre conservatoire, une procédure disciplinaire va être engagée à son encontre, parce que ce qui s’est passé dans ce lycée de Manosque est absolument inacceptable« , indiquait au micro de RTL hier midi, Luc Chatel, ministre de l’Éducation nationale. « Ce qui me choque c’est que les professeurs sont tenus à un principe de neutralité, de respect de la personne, et l’enseignant, même si c’est dans le cas d’éducation civique, qui fait l’objet de débats entre les élèves, et entre les élèves et l’enseignant, l’enseignant doit toujours veiller à ne jamais heurter la sensibilité et les convictions des jeunes. »

Ce cas est particulièrement intéressant en ce qu’il illustre la « morale » publique professée par nos gouvernants. A la lecture de l’intervention de Luc Chatel il apparaît clairement que le rôle d’un professeur n’est pas d’éveiller les élèves en suscitant le dialogue, en confrontant les opinions diverses sur un même sujet. Ce professeur a eu tort. Tort car il n’y a qu’une vérité officielle estampillée république Française : l’avortement si je veux, quand je veux et bien entendu aux frais de la collectivité. Tout ce qui n’est pas aligné sur cette position relève de la déviance qu’il faut éradiquer en attendant la rééducation dans des camps citoyens (on a déjà les stages).

Les professeurs seraient tenus à des obligations de respect de la personne. Fort bien, qui oserait s’en offusquer ? Mais est-ce manquer de respect envers les élèves que leur montrer la réalité d’une opération bénie par la république laïque ? Parce que ce n’est pas rien un avortement. On balance aux anti-avortements les horreurs des tricoteuses qui charcutaient de malheureuses jeunes femmes perdues, mais on se garde bien de montrer la réalité de l’aspiration, des crochets, parfois du démembrement puis la fin dans un bac à déchets organiques. On se garde bien de dire que cette opération se répète, dans notre beau pays, de 200.000 à 250.000 fois par an. On se garde bien de dire que cinq années de Loi Veil affichent le même score que Birkenau, sauf que la loi Veil ça dure depuis 1975. Je sais, c’est mal de faire ce genre de comparaison, ça n’a pas de sens, c’est se mettre au même niveau que la première commissaire européenne venue, mais l’image est parlante.

Tout n’est cependant pas perdu :

La mère d’une des élèves est ravie qu’un professeur « prenne enfin position et assume ses idées et les partage avec ses élèves. Ma fille est très contente de cet enseignant au point qu’elle a mis en place une pétition pour le garder en poste. Ne souhaitant pas que ses élèves aient des ennuis, le professeur leur aurait même demandé de ne pas signer de leur nom mais d’une simple croix.« 

Néanmoins, devoir signer d’une croix, voilà qui montre bien l’état de déréliction de la morale publique, ce qui n’est pas sans rappeler les heures les plus sombres de notre histoire.

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Il y en a beaucoup qui meurent trop tard et quelques-uns qui meurent trop tôt. La doctrine qui dit : « Meurs à temps ! » semble encore étrange.

Meurs à temps : voilà ce qu’enseigne Zarathoustra.

Il est vrai que celui qui n’a jamais vécu à temps ne saurait mourir à temps. Qu’il ne soit donc jamais né ! – Voilà ce que je conseille aux superflus.

Mais les superflus eux-mêmes font les importants avec leur mort, et la noix la plus creuse prétend être cassée.

Ils accordent tous de l’importance à la mort : mais pour eux la mort n’est pas encore une fête. Les hommes ne savent point encore comment on consacre les plus belles fêtes.

Je vous montre la mort qui consacre, la mort qui, pour les vivants, devient un aiguillon et une promesse.

L’accomplisseur meurt de sa mort, victorieux, entouré de ceux qui espèrent et qui promettent.

C’est ainsi qu’il faudrait apprendre à mourir ; et il ne devrait pas y avoir de fête, sans qu’un tel mourant ne sanctifie les serments des vivants !

Mourir ainsi est la meilleure chose ; mais la seconde est celle-ci : mourir au combat et répandre une grande âme.

Mais haïe tant par le combattant que par le victorieux et votre mort grimaçante qui s’avance en rampant, comme un voleur – et qui pourtant vient en maître.

Je vous fais l’éloge de ma mort, de la mort volontaire, qui me vient puisque je veux.

Et quand voudrais-je ? – Celui qui a un but et un héritier, veut pour but et héritier la mort à temps.

Et, par respect pour le but et l’héritier, il ne suspendra plus de couronnes fanées dans le sanctuaire de la vie.

En vérité, je ne veux pas ressembler aux cordiers : ils tirent leur fils en longueur et vont eux-mêmes toujours en arrière.

Il y en a aussi qui deviennent trop vieux pour leurs vérités et leurs victoires ; une bouche édentée n’as plus droit à toutes les vérités.

Et tous ceux qui cherchent la gloire doivent au bon moment prendre congé de l’honneur, et exercer l’art difficile de s’en aller à temps.

Il faut cesser de se faire manger, au moment où l’on vous trouve le plus de goût : ceux-là le savent qui veulent être aimés longtemps.

Il y a bien aussi des pommes aigres dont la destinée est d’attendre jusqu’au dernier jour de l’automne. Et elles deviennent en même temps mûres jaunes et ridées.

Chez les uns le cœur vieillit d’abord, chez d’autres l’esprit. Et quelques-uns sont vieux dans leur jeunesse : mais quand on est jeune très tard, on reste jeune très longtemps.

Il y en a qui manquent leur vie : un ver venimeux leur ronge le cœur. Qu’ils tâchent au moins de mieux réussir dans leur mort.

Il y en a qui ne prennent jamais de saveur, ils pourrissent déjà en été. C’est la lâcheté qui les retient à leur branche.

Il y en a beaucoup trop qui vivent et trop longtemps ils restent suspendus à leur branche. Qu’une tempête vienne et secoue de l’arbre tout ce qui est pourri et mangé par le ver ?

Viennent les prédicateurs de la mort rapide ! Ce seraient eux les vraies tempêtes qui secoueraient l’arbre de la vie ! Mais je n’entends prêcher que la mort lente et la patience avec tout ce qui est « terrestre ».

Hélas ! vous prêchez la patience avec ce qui est terrestre ? C’est le terrestre qui a trop de patience avec vous, blasphémateurs !

En vérité, il est mort trop tôt, cet Hébreu qu’honorent les prédicateurs de la mort lente, et pour un grand nombre, depuis, ce fut une fatalité qu’il mourût trop tôt.

Il ne connaissait encore que les larmes et la tristesse de l’Hébreu, ainsi que la haine des bons et des justes, – cet Hébreu Jésus : et voici que le désir de la mort le saisit à l’improviste.

Pourquoi n’est-il pas resté au désert, loin des bons et des justes ! Peut-être aurait-il appris à vivre et à aimer la terre – et aussi le rire !

Croyez-m’en, mes frères ! Il est mort trop tôt ; il aurait lui-même rétracté sa doctrine, s’il avait vécu jusqu’à mon âge ! Il était assez noble pour se rétracter !

Mais il n’était pas encore mûr. L’amour du jeune homme manque de maturité, voilà pourquoi il hait les hommes et la terre. Chez lui l’âme et les ailes de la pensée sont encore liées et pesantes.

Mais il y a de l’enfant dans l’homme plus que dans le jeune homme, et moins de tristesse : l’homme comprend mieux la mort et la vie.

Libre pour la mort et libre dans la mort, divin négateur, s’il n’est plus temps d’affirmer : ainsi il comprend la vie et la mort.

Que votre mort ne soit pas un blasphème sur l’homme et la terre, ô mes amis : telle est la grâce que j’implore du miel de votre âme.

Que dans votre agonie votre esprit et votre vertu jettent encore une dernière lueur, comme la rougeur du couchant enflamme la terre : si non, votre mort vous aura mal réussi.

C’est ainsi que je veux mourir moi-même, afin que vous aimiez davantage la terre à cause de moi, ô mes amis ; et je veux revenir à la terre pour que je retrouve mon repos en celle qui m’a engendré.

En vérité, Zarathoustra avait un but, il a lancé sa balle ; maintenant, ô mes amis, vous héritez de mon but, c’est à vous que je lance la balle dorée.

Plus que toute autre chose, j’aime à vous voir lancer la balle dorée, ô mes amis ! Et c’est pourquoi je demeure encore un peu sur la terre : pardonnez-le-moi !

Ainsi parlait Zarathoustra.

De la libre mort, Nietzsche


Il s’agit peut-être du passage qui m’a le plus intéressé dans Zarathoustra. C’est le point culminant de la liberté. Les cimes de la dignité. De culture chrétienne, mais non praticante, c’est non sans tiraillement que je dois l’avouer. Quoique j’ai du mal avec la pensée d’un Dieu qui ne soit qu’amour. Alors dire que le suicide est une offense à son amour…

Il est normal que l’influence religieuse joue un rôle énorme dans l’idée que l’on se fait de la mort. Et notre époque cadre mal avec ce genre de préceptes de toute manière. Quoique. A l’époque où l’on bavasse sur le financement des retraites, on pourrait glisser l’argument dans la conversation et voir le chemin qu’elle prend. Ne pas sous-estimé l’opportunisme de nos modernes.

Dans la société moderne, on accorde trop de valeur à la vie. On mène tous des vies insignifiantes, vaguement dirigées par une succession de choix sécuritaires. Presque tous pour être honnête. Et on pense  être unique. Depuis la création de la vie, il est clair que la Terre a vu passer des Mr Nice Guy à la pelle. Sur cette durée, je ne suis vivant que depuis à peine un quart de siècle. Ce qui n’est pas vivant est mort, on est donc mort la plupart du temps*. Ça fout le cafard mais pourquoi en faire tout un plat? Sauf que cette belle théorie a une limite de taille. La famille. Les amis. Moi-même, j’accorde une valeur inestimable à leur existence.

Les plus grands hommes ont su mourir à temps. Je doute qu’Alexandre ait songé à préparer ses vieux jours quand il traçait la route, toujours plus à l’Est. Nietzsche parle de Jésus et dit qu’il est mort trop tôt. Mais il est mort en public. Palahniuk l’aborde quelques part dans « Survivant » ce concept de mourir en présence de témoins qui pourront raconter notre histoire. Est-ce-que le monde serait ce que l’on sait si Jésus était mort seul, dans son coin? D’ailleurs, il y a peu, j’étais dans les carnets de voyages de Guevara. C’est intéressant de lire cet homme. Castro a sû lui offrir le martyr avec la mise en scène qui va avec, pour devenir l’icône que l’on sait. En revanche, je doute qu’il souhaitait avoir sa gueule placardé sur les sweat à capuches des jeûnes occidentaux. Mais c’est une autre histoire.

Voilà les deux versants de la mort digne.

Il y en a une qui tient du devoir. Transmettre un patrimoine décent à ses enfants qui auront reçu une éducation non-moins décente.  C’est ce sentiment d’accomplissement qui devrait ôter cette peur de mourir que l’on a tous. Il s’agit d’arrêter de crever comme on le fait, de cancer entres autres saloperies. Chopper Alzheimer et direction la maison de retraite pour une fin rythmée par le scrabble et les émissions de Dechavane. De plus pouvoir se laver, aller aux chiottes, ou même reconnaître sa famille. Dans le meilleur des cas se contenter des exceptionnelles visites des petits enfants pour enjouer un quotidien d’un ennui mortel. La déroute.

Et l’autre plus pragmatique, plus artistique, réservée à ceux qui ont une grande destinée. Le choix (ou non, je pense à Cobain) de leur fin est la dernière note appuyée d’une symphonie dont la longueur importe peu. La touche finale de leur leg au monde.

En fin de compte, il est toujours plus aisé de parler que d’appliquer. Et le premier qui me dit que je suis un gothique ou un dépressif, je lui lâche les chiens.

Dernière chose, et pour éviter tout malentendu, je ne fais pas la promotion de l’euthanasie. Je vous invite à lire le billet de Cherea que je rejoins. Ce n’est pas non plus l’apologie du suicide. Je partage juste un concept que je cogite depuis que je l’ai lu. Comment pourrais-je, du haut de mon âge et de mon expérience, prôner comment vivre et mourir?

*Je suis tombé récemment sur une citation d’Auguste Comte qui dit que l’humanité se compose de plus de morts que de vivants. Bien entendu, ce n’est que de la logique pure. Mais c’est amusant de tomber dessus en écrivant cet article.
Neo

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Alistair le lapin rose

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En fin d’après-midi alors que je rentrais chez moi, j’ai entendu un journaliste radio demander à un aréopage de commentateurs triés sur le volet et censés « refaire le monde » s’il était normal en France d’accueillir plus facilement des chrétiens d’Irak que des musulmans. J’avoue que mon sang n’a fait qu’un tour et que je me suis répandu en imprécations diverses entrecoupées de noms d’oiseaux à l’adresse de ce sinistre crétin qui devait certainement se sentir très intelligent et particulièrement politiquement incorrect.

Pour ma part ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Si la France a vocation à accueillir des hommes et des femmes accablés par le pouvoir en place dans leur pays cela doit concerner prioritairement sinon exclusivement les chrétiens. Je me contrefout de l’humanisme bêlant de la bien-pensance boboïde et jetseteuse, les bêlements des associatifs de l’antiracisme et des langues sous la douche entre les peuples m’indiffèrent. Qu’ils aillent se faire foutre. Leurs soi-disant souffrances endurées dans le pays des drouadloms ne sont rien en regard de ce que doivent subir les coptes d’Égypte, et plus largement tous les chrétiens d’Orient. La France est fille aînée de l’Église depuis plus d’un millénaire même si ses enfants ne lui sont pas reconnaissants des dons qu’ils ont reçus d’elle. A ce titre elle se doit d’offrir asile à nos frères en Jésus Christ qu’ils soient catholiques, orthodoxes, de rites orientaux, protestants. Par delà les différences de dogmes, de rites, nous sommes de la même famille et parce que ce sont dans nos rangs que les martyrs se font de plus en plus nombreux nous nous devons de leur ouvrir notre terre pour un temps ou plus s’ils le désirent.

Ceux-là ne se retourneront pas pour mordre la main qui les a accueillis. Pas plus qu’ils ne se risqueront à pactiser avec les fils de l’Oumma qui se croient déjà chez eux.

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Un petit billet rapide pour vous faire partager ma bonne humeur.
Lu sur Facebook (oui j’ai un Facebook, je suis un faible).

Statut de Fille: je vous attends tous mes coupains en mode « l’autre » (comprenez: saoûl) avec comme on dit vulgairement :  » votre bite et votre couteau » et mes coupines :  » avec vos atouts … hahaha » Méga soirée avec streap teaseuse…. JE SAIS JE VOUS ENVOIE DU REVE

Commentaires du statut de Fille:
-heu ! moi j’ai le droit de venir ?????
j’ai pleins d’atouts,lol
bisous

-mdr non maman cest plus de ton age tout ca mdr

-heu ! tu as dit a tes copains que j’avais a peine 32 ans,lol !!!!

Je m’excuse auprès de vos yeux, je me dois de rester fidèle au récit d’origine.
Ce qui est le plus drôle là dedans, c’est que la fille en question ne sait absolument pas manier l’ironie. Je la connais bien.

Je sais ce que vous pensez.
La réponse est: non, je ne compte pas y aller. Déjà parce qu’elles sont aussi hideuses l’une que l’autre. Et parce que le concept est trop raffiné pour moi.
Quoique le professionnel de l’investigation que je suis aimerais bien tirer cette affaire au clair.

NB totalement hors-sujet: je paierais cher pour voir le résultat d’une copulation entre Racailla Diallo et Martin Hirsch. Le petit serait absolument passionnant à écouter. Et certainement étonnant à regarder. Peut-être devrais-je mettre une pétition en ligne?

russian dolls

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