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Archive for mars 2011

Le Camp des Saints

Les vrais amateurs de traditions sont ceux qui ne le prennent pas aux sérieux et se marrent en marchant au casse-pipe, parce qu’ils savent qu’ils vont mourir pour quelque chose d’impalpable jailli de leurs fantasmes, à mi-chemin entre l’humour et le radotage. Peut-être est-ce un peu plus subtil : le fantasme cache une pudeur d’homme bien né qui ne veut pas se donner le ridicule de se battre pour une idée, alors il l’habille de sonneries déchirantes, de mots creux, de dorures inutiles, et se permet la joie suprême d’un sacrifice pour carnaval

Jean Raspail, Le Camp des Saints

Ce n’est pas un retour, mais il y avait cet article que je voulais faire paraître et que l’article du Stalker me pousse à publier, après l’avoir écrit. Je suis globalement d’accord sur l’essentiel c’est à dire que oui littérature et politique ne fait jamais bon ménage, comme Alain je suis convaincu que la littérature, en tout cas dans sa forme romanesque n’appartient pas à la catégorie de l’utile, d’un roman j’essaie de ne pas me demander à quoi ça sert, mais de quel automatisme de pensée il me délivre. Le fantasme de la démocratie totale, de la république des livres où politique et art se mélangerait dans un fatras présumé et présenté comme porteur de sens m’agace pour ne pas dire mieux.

Oui, il existe bien un malentendu sur le roman de Raspail, mais je ne crois pas que cela soit sur la qualité du roman, ou sur ce que celui-ci peut  »apporter » en terme de prise de conscience, car là encore l’on est dans l’erreur. Plutôt que d’initier une prise de conscience chez le blanc moyen, Le Camp des Saints est plutôt l’aboutissement de celle de Raspail. Un exutoire définitif et sans retour. Pour enfin passer à autre chose. Ce qu’il fit.

Le roman n’est pas pré-apocalyptique comme le pense Stalker, ni post-apocalyptique, mais intemporel, Raspail le sous-entend lui même dans sa préface (l’intéressante, pas celle de la réédition), il est inutile de changer une virgule si ce n’est peut être le nom du Pape, pour que celui-ci soit d’actualité. Ce n’est pas le Camp des Saints qui serait un roman éternel à l’image des Frères Karamazov, ce sont simplement les superstitions de la modernité qui durent et s’aggravent, maintenant l’intérêt du roman.

Certes les descriptions de la flotte de la misère, et sa puanteur sur laquelle Jean Raspail s’attarde notamment le  »sculpteur de merde », le roman parfois peut s’apparenter à une fable et derrière l’histoire c’est bien le tissu de mythe dans lequel une époque se plonge. Ce n’est pas de la haine, ni de la peur, ni de la crainte qu’inspire la flotte du Gange, ou les tuniso-libyens arrivant sur les côtes italiennes, mais un dégoût instinctif, un dégoût parce qu’il y a nous et il y a eux. Un dégoût qui ne peut être totalement étouffé malgré des décennies de propagande, de lavage de cerveau. Si Raspail insiste, certes lourdement parfois sur l’odeur, c’est bien parce qu’ils puent. Constat brutal, basique et guère fin je veux bien en convenir, mais réel. L’idéologie a beau être forte, elle ne peut supprimer cette révulsion des sens. Révulsion de l’odorat, de la vue, du toucher. Ceux qui se plongent dans la masse s’y noie et s’oublient. Ceux qui veulent s’en éloigner n’ont d’autre de choix que de fuir. Mais le White flight a ses limites, alors il faut tirer. La question n’est pas qui va dominer, mais qui va vivre. La cohabitation n’est rien de plus qu’une transition, la France ne peut être à la fois blanche et musulmane, il faudra bien qu’un peuple cède sa place à l’autre, si l’un ne se retire pas alors ce sera l’autre.

Et plus la décadence s’accroît, et plus on cherche à la conjurer, en amplifiant cette décadence même, en appelant à la restauration des principes républicains, de la restructuration du lien social. Et le processus s’auto-entretient.

Certes Asensio a également raison sur la nature du roman à thèse, il est vrai que les personnages de Raspail ressemblent plus à des figures qu’à des êtres de chair et de sang. Mais la simplification à outrance, la réduction progressive de la vie à la politique, et de la politique à la propagande n’est-ce pas la tendance lourde de l’époque ? Observable déjà en 1973, mais accentuée encore en 2011. La guerre entre la France et la République, la contradiction entre des principes faux et une réalité qui rend justice. L’exode des français vers le Nord contredise des principes qui ont été foireux dès le départ. L’Italie et l’Union Européenne se comportent de la même manière envers les réfugiés arabes que les pays occidentaux envers la flotte du Gange, pourtant les deux cas d’espèce ne sont guère à priori interchangeables. Mais apparaissent les mêmes discours, les mêmes peurs cachés, les mêmes délires inavouables.

Ce qui m’intéresse plus c’est la troisième partie du roman, la fuite vers le Village, et l’aspect de contre-épopée, de comédie noire (un aspect reconnu par Raspail lui même durant son débat avec Max Gallo de 1973) que le roman prend. Au fond tout cela est une farce atroce, l’Occident a voulu mourir, rions-en car nous n’aurons plus à le sauver de lui même. Vivons encore mais au moins choisissons notre mort pourvu que nous restions debout. Nous ne sommes plus dans une tragédie grecque, mais dans le burlesque, la comédie, la libération par le rire, la plus efficace peut-être.

Pour qui Raspail écrivit ce roman? Pour avertir les Français? Non! Pour lui même n’en déplaise à Asensio, il a repris le mot de Saint-Loup (désolé Anthony once again) « ce qui compte ce n’est pas de sauver la France mais de nous sauver de la France ». Le Camp des Saints reste la catharsis de Raspail, un an plus tard il écrivit. On peut évidemment discuter de la qualité de celle-ci. Mais je note qu’après avoir lu le Camp des Saints, loin de me sentir l’âme d’un e-croisé, j’ai perdu toute envie d’écrire un billet lié à l’Islam/l’immigration/etc. Tout a été dit et je n’ai rien à ajouter. Je suis passé à autre chose. Les vingts du village sont morts écrivit Raspail dans la hache des Steppes (paru l’année suivante) et il n’aborda plus le sujet (à part un article en 2004 qui ne rajoute rien de nouveau). Et il écrivit de meilleurs romans.  Sept cavaliers ou Qui se souvient des hommes? valent vraiment le détour. Peut-être parce qu’après avoir coupé ses liens avec la France, Jean Raspail put enfin partir à la recherche de ses rêves… ou des derniers Alakalufs.

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Je vais parler un peu d’une idée fixe de nos modernes depuis quelques temps. L’amour au sein du foyer résout tout. Un amour maternel qui émane du ou des parents et qui accomplit une éducation sans faute et sans manque.
C’est l’argument unique du penseur unique lorsque la conversation arrive sur le droit à l’homoparentalité. Avoir deux pères, deux mères, cela n’importe pas. Avoir deux pères qui se séparent et se recasent, faisant de la famille du bambin une famille avec quatre pères qui se comportent comme des mères, cela n’importe pas (parce que oui, en plus, les homos, ça se sépare plus que les autres, enfin il s’en moque le gamin, au point où il en est). Ce qui importe réellement, c’est qu’il soit aimé et chéri. Si on est conscient du lien entre l’homosexualité et la pédophilie, il n’a pas trop à s’en faire côté affection.
Plus sérieusement, c’est un sujet qui m’intéressait tout autant que le remplacement démographique en cours. A quoi bon lutter contre l’immigration galopante si on ne remet pas les nôtres sur le chemin de la famille, dans son schéma millénaire.
Il m’arrive, à l’instar d’Anthony, de me retrouver à essayer de convaincre un sourd/aveugle, qui ne recouvre la vue que devant les programmes d’M6; et de me retrouver sans argument (oui parce que l’astuce du lien entre homo/pédo, ça a tendance à leur créer des maux d’estomac). Par chance, je suis tombé sur un livre qui apportera de l’eau à mon moulin la prochaine fois. Rien de bien révolutionnaire dans le domaine, mais c’est toujours appréciable qu’un « neutre » avance des arguments qui vont dans notre sens. Les Zemmour et les Soral (à l’époque), avec leur passif, ils ne sont plus recevables pour la majorité des gens comme étant impartiales. Non pas que je sois un habitué des livres de psychologues, mais celui-ci avait un attrait particulier car il traite des régressions, normales ou pathologiques, comment et pourquoi elles surviennent, et quels usages en font les publicitaires, entre autres. Le titre ressemble à un livre de Jung, il lui a peut-être tout piqué, je n’en sais rien. Bref voici un extrait:

Ce progrès mental, qui a été démontré de manière péremptoire par Piaget et d’autres psychologues, confirme l’importance de la mère aux premiers âges, puisque celle-ci est physiquement présente pour l’enfant presque constamment. Cela souligne également l’importance croissante du père aux stades suivants, même lorsqu’il est absent.
Les valeur de cette évolution des rôles parentaux est confirmée par un rapport des services de recherches du ministère de l’Intérieur britannique (1961) portant sur les « générations de délinquants ». Suivant ce document, le pourcentage maximum de criminalité dépassant la moyenne statistique est caractéristique des individus qui sont nés au cours d’une période de sept ans comprises entre 1935-36 et 1941-42. (…)
Les termes de ce rapport mettent en évidence:
1) la différence joués entre les rôles par les parents: importance de la mère au début et, plus tard, du père;
2) l’importance des expériences infantiles durant les quatrième et cinquième année;
3) l’absence du père (en cas de guerre par exemple) qui tend à favoriser la délinquance. (…)
Le rôle du père prend ici la première place. Si, du point de vue général, la mère représente le bien-être, le père lui, dans un concept tout aussi général, symbolise la loi et l’ordre. Si la mère signifie combien le monde est « bon », le père représente combien le monde est « juste ». C’est pour une bonne part à partir du père que l’enfant développe une conscience et vient à réaliser que la satisfactions de ses besoins n’est pas toujours automatiquement assurée; que celle-ci peut-être gagnée ou méritée par ses propres efforts; et qu’une partie seulement de ces récompenses est « légitime ». En principe, le père est mieux armé pour guider l’enfant dans ce domaine car il n’est pas handicapé par l’amour maternel.
Gordon R. Lowe

Et ce sont les mêmes personnes qui hurlent avec la meute, que dans le domaine pharmaceutique, « on a pas le recul nécessaire, tu vois ». Qu’ils en prennent du recul, il sera rude le retour de bâton.
J’espère que ma famille de has-been avec un père et une mère et des gosses même pas métis sera loin et en sécurité quand ces enfants de queers déchaîneront leur mal-être dans le pays.

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Renoir: jeune filles lisant

-Je n’ai pourtant rien d’extraordinaire. Je vous assure que je connais beaucoup de jeunes filles comme moi, et qu’il y en a sûrement quantité qui sont meilleures que moi.
-Possible, encore que, croyez-le, j’en aie essayé beaucoup avant de vous trouver: les « poules d’essai », comme dit le langage sportif. Mais tout l’effort de la société – peut-être: tout l’effort des hommes – tend à montrer, à rendre intéressantes les femmes qui ne valent pas grand’chose. Les femmes qui se plaignent d’être mal jugées. Mais pourquoi acceptent-elles que ce soit toujours ce qu’il y a de pire dans leur sexe qui occupe le devant de la scène? Et pourquoi accueillent-elles si facilement toutes les suggestions de l’homme, tendant à les rendre avilies et grotesques? Pourquoi une telle méconnaissance de leur intérêt? Presque toutes les fois qu’une femme se dégrade – par une mode qui l’enlaidit, une danse qui l’encanaille, une façon imbécile de penser ou de parler, – c’est l’homme qui l’y a poussée; mais pourquoi ne résiste-t-elle pas? (…) tout ce que j’englobe sous ce nom: la femme tête-à-gifle, sont des stryges. Ce sont les stryges qu’on vues les religions, les philosophies, les moralistes qui, depuis des millénaires, jettent le mépris ou l’anathème sur la femme, mais leur tort a été de ne pas marquer fermement que c’était ces femmes-là qu’ils visaient, et elles seules. Et j’en reviens à ma question: pourquoi les femmes sérieuses et honnêtes ne se défendent-elles pas contre ces stryges? Ne se rendent-elles pas comptent du tort que ces stryges leur font? Les pires ennemies de la femme sont les femmes.
Henry de Montherlant, Pitié pour les femmes.

Je les vois les journaleuses, toutes frétillantes que ce soient leur journée le 8 mars. Ce sont les princesses du jour. J’espère que vous être fières, vous, le beau sexe, d’avoir votre propre date sur le calendrier, entre la journée du brossage de dents et celle contre le jet de mégot par la fenêtre de la voiture (ou encore plus insignifiant: la journée sans immigrés).

« Bla bla, il reste plein d’effort à faire pour que nous soyons l’égales des hommes, … »
Toujours le même discours, encore et encore. Je crois qu’à peu près tous les mecs sont d’accord pour dire que pour un même travail, un même salaire est chose juste.

Bémol: la maternité ralentit, voire stoppe, votre carrière. OK, mais sur le plan personnel, c’est un accomplissement. Je ne comprends toujours pas les femmes réceptives au discours de Badinter contre la maternité. Déjà qu’on se fait envahir par l’Afrique, si nos magnifiques femmes font la grève de l’ovulation, on est fini dans 15 ans. Les Africaines, elles sont plutôt pour la maternité, elles. Mais on ne peut pas vous en tenir rigueur, encore faut-il vouloir porter les enfants de ses Blancs devenus mous, dociles et résignés.

Deuxième bémol: j’ai la malédiction chance de travailler entouré de femmes. J’ai peine à vous croire faites pour le monde du travail. Peine à voir combien il vous est impossible de transcender les rancœurs, les rumeurs, la mauvaise foi, la méchanceté gratuite; pour atteindre un but. Peine à constater avec qu’elle énergie vous poignardez une autre dans le dos, avec le même naturel et le même sérieux dont usez quand vous parlez du dernier épisode de D&Co ou de Grey’s Anatomy. Oui je grossis le trait, mais c’est mon pain quotidien.

Les femmes se disent indépendantes, elles n’ont jamais été aussi esclaves du système que de nos jours. Il n’y a pas un être sur Terre plus aliéné, à la botte de ses propres attentes consuméristes, que nos amies. Elles sont les relais les plus actifs de la « culture d’entreprise », cette manipulation subtile qui vous fait faire des heures et des heures avec le sourire et la satisfaction du travail bien fait (j’en ferai sûrement un article, plus tard). Globalement, elles tombent dans tous les pièges que l’on pose à leur attention.

Alors oui, il y a effort à faire. A commencer par laisser tomber tout ce qu’on vous a mis dans le crâne depuis 40 ans. Nous autres, nous avons aussi nos efforts à faire, mais ce n’est pas le sujet. Je suis galant, c’est votre journée le 8mars. Débrouillez-vous-en.
Vous n’êtes, pour la plupart, pas heureuses. Vous vous pensez mieux loties, mieux armés mentalement que vos grand-mères. Continuez dans cette voie, et nous mourrons tous de solitude et de chagrin.

Le prochain 8 mars, je voudrais voir autre chose que les conneries business women de La Tribune, par pitié.

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