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Archive for octobre 2012

Au Fight Club. Sorte de réunion hebdomadaire où des hommes se rassemblent pour « se foutre sur la gueule ». L’idée est simple. Pas de règles. Ou bien très peu. Lâcher quand un camarade demande grâce, par exemple. Faire durer les combats aussi loin qu’ils peuvent aller.

Pour le corps et l’esprit, le risque entier surgit alors. Risque de perdre son intégrité physique. D’avoir mal, pour de vrai. Ne plus être comme avant : le nez dévié, l’oreille en chou-fleur, le doigt en maillet. Risque de mettre en jeu son personnage social, l’arcade éclatée, l’œil au beurre noir, la griffure transversale, l’écorchure à la bouche. Autant de signes distinctifs, de « marqueurs sociaux », qui vous mettent en marge. Exclu pour un coquard. Saleté de l’œil tuméfié. Du caillot de sang. Propreté du corps intact et vierge de coups. Puceau du réel.
Le Fight Club c’est aussi cela, la défloration mentale de l’individu. Sa découverte du réel. Risque de perdre ses prétentions et son orgueil. Risque psychologique donc de se voir tel que l’on est, sans fard, ni maquillage. Exit les illusions. Et que la personne que l’on était, composait en fait un rôle. Le Fight Club, par le sang versé, tire le rideau du théâtre de la vie. Theatrum mundi apertum. Dévoilement des apparences. Dévoilement de l’être.

Le Fight Club, par cette divulgation de soi, se donne pleinement comme une école philosophique. Introduction de l’homme dans le réel. Prise de conscience. Révélation. Indicible « mystique » du coup reçu et du coup donné, qui éclairent la vie d’une toute autre lumière. Le corps guide l’esprit, telle est la philosophie du voyou.

(…)

Le philosophe-voyou se situant une nouvelle fois dans la perspective antique, convoque un retour de la danse dans nos vies. Et plus précisément sous la forme qu’elle pouvait avoir à Sparte, ou encore il y a quelques années dans des tribus africaines. La danse de la guerre.

(…)

Renversement des valeurs, dans une société de l’hypocrisie. Où contrairement à ce qu’on y prétend, la danse est souvent assimilée à une expression de la féminité. A l’art. Aux arts.
Le membre du Fight Club doit s’approprier cette créativité. Devenir un contorsionniste. Pour frapper, durer, gagner. Vaincre. Fight Club contre Night Club.

Raphael et Olivier Saint-Vincent – Manifeste du philosophe-voyou

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