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Archive for the ‘Politique’ Category

Je vais faire simple. Très simple.

Je ne suis pas votre ami. Je ne suis pas votre ennemi. On ne peut l’être qu’avec les gens que l’on connaît. Or, tout est fait pour que nous ne nous connaissions jamais. Tout est fait pour que l’un d’entre nous se soumette à l’autre – qui fait tout pour l’irriter et le rendre fou – dans une folie qui empêche la pensée objective.
Je vous écris cette lettre à l’heure où un homme se fait arrêter à Toulouse après une prise d’otages. Il dit agir pour le compte Al-Qaïda. Son frère le dit naïf. Les journalistes le disent malade. Il y a des menteurs dans le lot. Comme pour Merah, et comme pour tout le reste, partout il y a mensonges et intérêts cachés.

Musulmans de France, on vous a menti. On vous a promis la lune sans effort. On vous a dit que le peuple français avait une dette inextinguible envers vous ; et qu’ils la paieraient en tolérance envers vos requêtes. Et vous avez marché. C’est logique, c’est une démarche confortable pour vous, d’exiger et d’insulter face au premier refus. Un auteur disait en substance – il me semble que c’est Oscar Wilde, ou peut-être un autre – que pour prévoir les agissements d’une personne, il fallait toujours s’attendre à le voir effectuer l’action qui lui coûtait le moins d’effort. Voilà le piège dans lequel vous êtes tombé en écoutant des pantins parler en votre nom. Envoyez tous ces gens au diable ! Ce sont nos ennemis communs.

Quand je dis « on » vous a menti, j’espère que vous avez deviné de qui je parle. Il s’agit de l’idéologie gauchiste qui s’est généralisée tel un cancer dans ce pays.

Pour paraphraser les propos de Tyler Durden, « vous êtes la merde de ce pays prête à servir à tout ». Vous avez été utile à votre arrivée pour tirer les salaires à la baisse. Je ne vous blâme pas, tout cela n’est pas de votre ressort. Et vous êtes utile actuellement pour diviser la population, la casser dans sa cohérence. C’est dur à entendre parce que c’est vrai.

Je ne veux pas que la France devienne une lutte de « marche des voilées » contre des « apéros saucisson-pinard ». Tout ça c’est de la merde qui nous mènera à un affrontement que personne de sensé ne souhaite.
Il est temps de grandir, d’arrêter de réclamer des miettes et de construire autre chose que des mosquées dans ce pays ! Commencez l’autocritique, dont le silence assourdissant pendant l’épisode Merah a laissé tout le monde penser que les musulmans de France cautionnaient.

De mon point de vue, vous avez peur les uns des autres et vous n’osez pas vous démarquer de votre troupeau. J’applaudis des démarches comme Fils de France, qui met en avant les musulmans patriotes.
Cette lettre peut vous déplaire je m’en fous éperdument. Cela déplaira aussi aux adeptes de la masturbation identitaire, tant pis.

Contrairement à tous ces clowns qui vous ont baladé, je ne vous promets rien. Je vous propose de placer l’énergie que vous mettez à réclamer constamment dans une démarche intelligente de découverte d’un pays millénaire qui vous a fait une place.

Je pense que cela méritait d’être dit au moins une fois honnêtement. Ayant horreur de me répéter, ce sera ma seule main tendue. J’ai de toute façon peu d’espoir que ce texte soit repris. Si les évènements dégénéraient, cela aurait été dit, j’aurais conscience tranquille. On n’aurait pu faire plus simple que ça.

Un humble patriote

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Titre « volé » à Xyr sur son dernier billet. Merci pour l’idée.

Même quelques jours après, l’esprit un peu refroidi, je ne parviens pas à toujours trancher, distinguer le bien du moins bien, hésitant d’un côté entre une déception qui n’a peut-être pas lieu d’être et de l’autre part une  »joie » amère que oui malgré tout cette année là constitue un tournant.
Je persiste à penser que malgré ses insuffisances, Sarkozy avait apporté quelque chose de neuf et sur certains points inversé des tendances : culture de la grève qui en avait pris un coup avec la réforme des retraites, diminution du nombre de fonctionnaires d’état, désengagement des universités, une réforme des collectivités ouvrant la voie à la suppression des départements (symbole du jacobinisme) en commençant -cynisme selon certains, lucidité profonde sur la nature de la politique selon d’autres par supprimer les conseillers généraux, carte judiciaire pour citer les plus importantes.

*

Mais il aura été battu par un adversaire de taille. François Hollande? Non. Le clientélisme de gauche, un complexe administrato-associatif qui va du recrutement de fonctionnaires territoriaux aux effets de la loi SRU, machine à distribuer des faveurs et à allouer des électeurs. Tout est et sera à gauche : bientôt les deux Chambres, toutes les strates de la vie politique, la magistrature, le quatrième pouvoir médiatique et la majorité des associations. Il n’aura pas su inverser cette tendance. Ou même commencer à le faire. Est-ce possible? Je le pense mais j’y reviendrais plus tard. Alors après. Une analyse sommaire oblige à préciser que -sur le plan économique- tout du moins Hollande ne réalisera pas le pire de son programme. Sur les réformes de Sarkozy il ne reviendra pas, et cette politique sera d’autant plus facile à mener que les réformes sociétales néfastes (qui elles viendront vite) serviront de miroir aux alouettes, de façon à énerver la droite et réunir son camp. Et Marine? De ces 18%, probablement aucun député ne sortira. La stratégie de refus d’alliance de l’UMP conduira, dans pratiquement toutes les nombreuses triangulaires qui s’approchent, à la victoire du candidat de gauche. En tout cas pour l’instant, mais je comprends sa stratégie et de son point de vue, celui de l’avenir du FN, elle me semble être la seule logique et viable.

*

Mais il s’agit de la France, et au fond sur cela je rejoins Ivane, on s’en fout. Nous vivons une évolution qui nous amènera vers un sous-développement, un éloge du multiculturalisme alors que Marseille était beaucoup plus  »diverse » il y a 60 ans qu’elle ne l’est actuellement. La machine s’est embrayée écrivait Raspail, dans une sobriété dont il est peu coutumier, dans le Camp des Saints une fois la flotte arrivée. Le visage d’une France qui ressemblera à Détroit, cauchemar dont le romancier pour sa santé d’esprit ne s’est pas risqué à décrire ou à imaginer. Ce qui se comprend. Peut-être à ce stade, valait-il mieux raconter le récit de guerres perdues par des hussards se couvrant en vain de gloire et d’honneur. Dans ce monde sur la brèche nous vivons, pourtant nous restons maître du processus, moins que ce que les idéalistes le pensent, mais plus que ce qu’un cynisme un peu facile peut laisser à penser. Ce modeste blog peut en être une sorte de preuve. Les époques de décadence sont à cet égard capitales, car elles appellent les hommes à remonter sur la brèche, à ressortir de l’abîme où l’oubli de l’être les a conduits. Mes co-bloggers et moi même aurions pu sombrer dans le grand Tout indifférencié, le monde des  »hommes-gris » qui faisait tant cauchemarder Saint-Loup. Et dans cette perspective, le succès ou l’échec restent secondaires. Peut-être parce que rien n’est définitif, une intuition géniale que Thucydide, dont j’achève la lecture, m’a fait comprendre et partager.
Là où je tiens à apporter une précision c’est que la pente mauvaise sur laquelle l’Europe plonge est déjà si avancée que les peuples ont perdu la dernière force spirituelle, celle qui leur permettrait du moins de voir et d’estimer comme telle cette décadence. Ce qui s’est vu avec les drapeaux afro-maghrébins à Bastille et ailleurs un certain 6 mai, le soir, où la majorité persistera à ne pas voir ce qu’elle voit. Cette simple constatation n’a rien à voir avec un pessimisme concernant le destin de la civilisation qui m’a fait naître, rien non plus, bien sûr, avec un optimisme ; car l’obscurcissement du monde, la grégarisation de l’homme, la suspicion haineuse et grandissante envers tout ce qui est créateur et libre, tout cela a déjà atteint, ici et ailleurs, de telles proportions, que des attitudes comme pessimisme et optimisme sont depuis longtemps devenues ridicules.

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Trop besoin de café ce matin. Merde, il y a la queue à la machine. Je dis bonjour et prends ma place dans la file, dans laquelle ça parle politique, visiblement.

– T’as voté quoi toi, Nice Guy ? me lance un mec du groupe.
– Le Pen, que je lui réponds, avec un léger sourire en coin.
– Nan mais sérieux, quoique t’es pas obligé de répondre, hein.
– Trop aimable. Je suis sérieux. Il faut être bien naïf pour ne pas avoir compris que le système avait choisi Hollande avant le premier tour. Pour moi il n’y a pas photo. Sarkozy n’ayant pu me trahir davantage, je souhaitais qu’il dégage au premier tour. Voilà que l’UMP se souvient qu’il est de droite… Pitoyable.

J’ai dit cela calmement sans faire penser qu’il s’agisse d’une tentative de justification, sur un ton complètement normal. En vérité c’est la première fois que je dis ce que je vote en public, et il faut que ce soit Le Pen. Légère appréhension pour la suite. Si j’avais eu un café dans le bide, peut-être bien que j’aurais eu le cerveau plus vif et que j’aurais su éviter la balle. Non j’ai pas bougé et je l’ai encaissé. Même pas mal.

– Il n’y a pas de honte à avoir des opinions, moi j’ai voté Mélenchon ! On est tous les deux pour un bousculement du système !

Là je me force à la fermer. On fait un marché silencieux : je ne te traite pas d’abruti et tu ne me traites pas de facho. Là-dessus, un de droite notoire me lance que Hollande n’est pas encore élu, que l’addition des votes de droite est plus important.

– Tu as raison, mais aucun frontiste n’a intérêt à voter Sarkozy. Ni même les votants de DLR. S’ils font réélire Sarkozy, le PS passera en 2017 sans appel. En revanche s’ils la jouent fine en votant Hollande, tout en concluant des accords avec l’UMP en vue des législatives, ils gagneront des sièges et feront exploser la droite des affairistes. Ils ont un boulevard.

– Mais tu te rends compte que Hollande va foutre le pays à l’envers ? Que ce soit lui ou Sarkozy, on se coltinera l’austérité. Sarkozy a été plus discret que l’autre, qui fait des promesses insensées. Avec ce malade au pouvoir, dans quelques mois, les français sont dans la rue, avec les fonctionnaires en tête de file.
– Tu sais que tu prêches un convaincu. Mais je sens que toi, tu vas essayer de me vendre un fusil… dis-je en prenant le gobelet de jus bouillant et me dirigeant vers l’extérieur. Sur mon visage, le sourire a laissé place à la grimace, après avoir goûté au breuvage à trente centimes.

Je réalise que personne autour n’a rien trouvé à redire à la conversation. Est-ce qu’ils sont d’accord ? Est-ce qu’ils s’en foutent ? Il n’y a guère plus que quelques bobos et l’intégralité des médias pour parler de bête immonde et compagnie… C’est une bonne chose, que j’ai pu le dire aussi librement sans me faire insulter, moi qui ne suis au fond pas raciste. Je suis ethno-différencialiste, comme disait Ivane il y a quelques temps. Les deux pieds dans le camp du réel, aussi repoussant soit-il.

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Stratégie

Je ne recommencerai à bloguer que début octobre, mais il y a longtemps que je voulais faire cette mise au point là qui me semblait nécessaire.

J’aime bien les billets de Nicolas d’ILYS. Pour deux raisons. La première, j’arrive à comprendre ce qu’il écrit en matière d’économie, ce qui est d’habitude rare quand je me frotte à cette matière. La seconde, il arrive à conjuguer une radicalité assez extraordinaire (c’est le plus bourrin de la bande) sur les principes et un pragmatisme intéressant quand il s’agit de stratégie politique.

Contradiction? Non. Les exemples historiques (je pense notamment à Lénine) nous montre que les excellents stratèges peuvent être de médiocres philosophes et inversement.

La personne en question est à l’origine du site consacré à Maurras.

Où-est ce que je veux en venir? Au dernier texte du dimanche et à mon billet sur Sarkozy dont je ne retire pas une ligne. J’ai tenté d’exprimer des idées, des arguments, je vais ici tenter d’exposer le raisonnement qui m’y a conduit, sur la manière dont j’aborde les élections de 2012 et pour cela j’en appelle à Maurras. Du provençal je retiens avant tout l’exemple d’une méthode politique, d’un réalisme : à savoir qu’on ne peut vouloir ceci ou cela qu’en acceptant les conséquences.

Il n’est pas difficile de détruire chez soi les illusions républicaines ou démocratiques, armé grâce à Maurras d’une doctrine qui n’admet guère la réplique. Celui qui avait vu le vice mortifère d’idées et d’institutions dont le rôle historique sera de clore l’histoire de France. En soustrayant les hautes affaires de l’État à la brigue des partis, en lui redonnant par la restauration de la royauté le temps et la sérénité, la doctrine maurrassienne avait indiqué la voie qui rendait à l’État, instrument théorique des libertés françaises, les moyens de s’attaquer aux problèmes. En démocratie, un gouvernement qui gouverne est un gouvernement qui déplait. Un gouvernement qui déplait est un gouvernement qui tombe. Contre cet axiome on n’a toujours pas répondu. Mais cette monarchie, qui se prouve comme un théorème, n’ayant pas été restaurée, l’État jacobin a continué son œuvre qui est de détruire ce qui est français dans la mesure même où cela est français…Et la république conservatrice de Thiers ou de De Gaulle est un mensonge et contrairement à ce qu’affirme Anthony, ce n’est pas la république qui s’enracine en France, c’est bien la République a déracinée la France…Cela nous le savons

A partir de là tout dépend de ce que l’on veut.

Les identitaires sont au moins clairs sur ce point : « nous voulons restaurer un peuple, et non pas construire une majorité électorale ». Ils se situent -et c’est honorable- dans le champ méta-politique. La question que je me posais était celle de la majorité électorale. Il faut donc voir ailleurs.

Marine Le Pen veut lier le sort de la France à celui de l’État qui chaque jour la détruit. Alors que la survie des peuples d’Europe passe par leurs destructions. Au moins dans leurs formes actuelles.

Se placer au seul point de vue utile et pratique : celui de l’intérêt français ce qui implique une dissolution de l’État-providence et non son renforcement. Partant de là, on peut opter en toute impartialité et, en toute raison, sans avoir à rien sacrifier absolument à ses convictions profonde.

Les mouvements de notre pensée sont et restent parfaitement libres. J’en aurais conclu au vote Front National si cette idée me paraissait conciliable avec l’intérêt français qui me guide seul dans ce type de décision. Certains éléments auraient éventuellement pu me tenter. Anthony lui a fait le choix des identitaires. Moi pas.

Le Front national ne réalisera jamais 51% et toute la rhétorique du monde aussi sympathique soit-elle ne changera rien. Entre ce quelque chose que Sarkozy est et que Chirac n’était pas et le rien proposé par Le Pen, je choisis le quelque chose. Mon vote ne servira qu’à ça. Il ne s’agit pas d’accomplir son devoir de citoyen, juste d’utiliser une possibilité offerte.
Je suis de droite, et j’espère qu’en 2012, la majorité politique reste à « droite ». Je l’ai dit précédemment, malgré ses insuffisances et des erreurs souvent stupides, Sarkozy a rempli une partie du contrat que j’attendais de lui. Être un Européen, vivre debout parmi les ruines, cela ne dépend que de moi et de moi seul. Pas d’un grand homme ou d’un système.

Au fond sur ce terrain, je me sens finalement assez proche des analyses de Buisson dont les convictions de droite ne font pas de doute et qui en partant d’une vision, claire et nette, de comment faire en sorte que ses idées gouvernent, a fini par choisir Sarkozy. Il le dit lui même, explicitement dans un article intéressant que Le Point lui a consacré :

Avec Nicolas Sarkozy, nous savons comment nous allons contrer Marine Le Pen. Sans alliance, l’espérance du pouvoir est totalement exclue pour elle. Elle peut perdre sur la thématique du vote utile. Elle fait croire qu’il y a une perspective politique alors qu’il n’y en a pas.

Après je n’ai pas encore arrêté ma décision, je reste relativement porté sur l’abstention mais si je dois voter, le choix ne fait plus de doute pour moi. Sauf si d’ici là, des objections recevables me sont opposées. Je suis ouvert mais jusqu’ici je n’en ai pas lu.

Pour finir, on peut toujours méditer ces phrases tirées du film Viva Zapata d’Elia Kazan (avec Marlon Brando) :

– S’il t’arrivait malheur, que deviendraient ces pauvres gens ? Que leur resterait-il au monde ?
– Eux-mêmes.
– Après toutes ces luttes et ces morts. Qu’y a-t-il vraiment de changé ?
– Eux ont changé. C’est comme ça que tout change. Maintenant ils n’ont plus besoin de moi.
– Il leur faut un chef.
– Que chacun soit un chef. Un homme fort affaiblit un peuple et un peuple fort n’a pas besoin d’homme fort.

Evidemment, ce qui est écrit dessus ne vaut que dans l’hypothèse (farfelue) où le sénateur Aetius se retrouve dans l’impossibilité de se présenter (et donc de gagner) l’élection prochaine. D’ailleurs le 6 mai j’en connais qui vont pleurer. Notamment le dénommé Gil qui a qualifié notre blog de « roue de secours » sur ILYS. Il ne perd rien pour attendre.

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Les lecteurs de Fdesouche sont impatients d’être aux présidentielles. Ils ont hâte d’être en 2012. Un conseil, ne soyez pas trop pressés. Ne brusquez pas votre déception, elle viendra bien assez tôt. Pourquoi ? La sphère médiatique donne des indices depuis quelques semaines sur la capacité du système à se réinventer face au « danger ». Inutile d’aller chercher bien loin pour se souvenir du Front Populaire entre les deux tours, suite aux immondes résultats. Là, le score du FN n’est pas une surprise en soi, cela fait bien quelques mois que les sondages, chers au Président et nos concitoyens, en font état. Du coup le système, bousculé dans ses plans d’alternance molle entre UMPS, doit réagir. Il se rebiffe, le con, et de manière bien peu finaude.

Léon vous dit quoi penser quotidiennement

Tout a commencé par une chronique, sur le plateau de la Matinale de Canal +, que je me surprends à regarder encore, sachant qu’il n’y a rien de pire pour ma santé mentale de bon matin. Léon Mercadet, dans sa subtile chronique intitulée « Cool/Pas cool », dans laquelle il explique la vie aux bourrins du peuple, parlaient d’un article de l’Express qui traitait du mode de scrutin Français, suite à une note de Terra Nova. Commençant par un bref état des lieux, l’article montrait que Sarkozy se trouvait prit en sandwich entre Lepen et Aubry (pas cool), qui le laisseraient sur place au premier tour. Conséquence, que ce mode de scrutin, où l’on place un nom dans une urne, est faillible et ne reflète pas la volonté populaire. Il propose mieux : un classement du pire vers le meilleur. C’est-à-dire un système de notation où celui qui a la meilleure moyenne est gagnant. Magie : selon leur étude, Lepen passerait de la seconde place à la dernière place. C’est parfaitement logique, on ne gagne plus au jeu, changeons le jeu. Inutile de dire qu’il trouvait ça cool. C’est même devenu un jeu un peu facile, de deviner son opinion juste par l’énonciation du thème. Du coup en continuant de discréditer le FN, on s’assure la continuité de l’alternance des potes de l’élite.

Le visage de la subversion radiophonique

La transition est toute faite, car cracher sur le Front National fait de moins en moins recette. Marine Lepen n’a pas les travers de son paternel, du moins dans les médias. C’est embêtant, il faut se renouveler, trouver de nouveaux angles d’attaque. Il y en a une bonne qui est sortie dans l’Emission des Grandes Gueules d’RMC avec pour invitée, Caroline Fourest (je me fais du mal, je sais). Bref au détour d’une phrase, un des deux présentateurs interchangeables lâche ceci : « Enfin, on sait très bien qu’au FN on reste ensemble et on se marie ensemble, c’est une secte. » Il ne s’agit pas vraiment de mot à mot parce que je n’ai pas remis la main sur l’enregistrement, m’enfin les mots-clés sont bien là. Une secte, voilà tout. Comme « on le sait très bien », il est inutile d’étayer quoique ce soit, c’est de la magie.

Fuck you, pay me, Bondy!

Et le dernier exemple de ce sursaut n’est pas le plus étonnant, non. C’est la raison de mon aversion pour le vote. Il vient de nos chers politiques, qui mettent les bouchées doubles dans le racolage hyperactif. Des 1000 € de prime par ci, des revenus de 800 € sans travailler par là. Depuis qu’ils ont compris que le FN prenait ses voix dans les classes populaires, ils n’y vont pas par quatre chemins, mais droit où ça parle, au portefeuille. Avec ce genre d’annonces, Villepin cherche à confirmer sa street-credibilité dans les quartiers. Souvenez-vous de l’accueil de rock star qu’il avait eu, à Bondy je crois. Si j’habitais dans un quartier et que je voyais ça, je me sentirais insulté de me faire prendre pour un con à ce point. « Vote pour moi, ferme ta gueule et je te filerai 800€ à glander.»
Et dire qu’on est encore à un an. Les prochains mois promettent d’être amusants, sauf pour les commentateurs de Fdesouche.

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Merci à Paul-Emic qui m’a poussé à écrire ce billet.

Soyons honnête, globalement on lit des choses intéressantes dans la droitosphère. Je cherche à dire que si un honnête homme cherche un point de vue intéressant, original et parfois drôle. c’est l’endroit où il faut aller pour y trouver un point de vue. Avec les blogs de geek. Évidemment parfois de drôles d’idées y circulent. Des idées comme quoi des gens comme Anthony cacheraient un sac d’or sur eux (ce qui est vrai d’ailleurs) et domineraient en secret le monde, mais passons ce n’est pas le sujet ici. Des approximations circulent aussi qui sont de conséquences diverses. Des contresens qui reviennent de manière assez récurrente. L’un d’entre eux, sur le regroupement familial « instauré par le tandem Giscard/Chirac ». Par « regroupement familial » entendre le premier pas vers l’ouverture à l’invasion migratoire venu du Maghreb et d’Afrique subsaharienne.

Sauf que c’est faux.

Certes le 29 avril 1976, parut un décret réglementait les conditions dans lesquelles un travailleur étranger séjournant régulièrement en France pouvait être rejoint par les membres de sa famille. Je passe sur les détails mais selon ce décret seuls quatre raisons pouvaient permettre de refuser l’entrée de la famille sur le territoire : durée de résidence en France du chef de famille trop courte, ressources insuffisantes, conditions de logement inadaptées, nécessités de l’ordre public. Régime plutôt libéral certes, mais parler de laxisme migratoire me semble ici exagéré. Pourtant le 10 novembre 1977 parut un autre décret (j’en profite pour dire et cela en dit long qu’il y a 30 ans la politique migratoire pouvait être orienté par décrets, maintenant le législateur ponds des textes sur le montage des fêtes foraines et des chiens dangereux) qui seulement suspendait l’application du précédent pour une durée de trois ans à l’exception des membres des familles ayant expressément renoncé à chercher un emploi sur le territoire français.

Un an plus tard, sortait la décision GISTI, du Conseil d’État. Cliquez sur le lien pour voir ce que contenait la décision et ce que désigne le sigle. Vous comprendrez vite.
Pour résumer le décret du 10 novembre 1977 fut annulé.

« Considérant qu’il résulte des principes généraux du droit et, notamment du Préambule de la Constitution du 27 oct. 1946 auquel se réfère la Constitution du 4 oct. 1958, que les étrangers résidant régulièrement en France ont, comme les nationaux, le droit de mener une vie familiale normale ; que ce droit comporte, en particulier, la faculté, pour ces étrangers, de faire venir auprès d’eux leur conjoint et leurs enfants mineurs ; que, s’il appartient au Gouvernement, sous le contrôle du juge de l’excès de pouvoir, et sous réserve des engagements internationaux de la France, de définir les conditions d’exercice de ce droit pour en concilier le principe avec les nécessités tenant à l’ordre public et à la protection sociale des étrangers et de leur famille, ledit gouvernement ne peut interdire par voie de mesure générale l’occupation d’un emploi par les membres des familles des ressortissants étrangers ; que le décret attaqué est ainsi illégal et doit, en conséquence, être annulé ; »

Le droit à une vie familiale normale, loin de moi l’idée de la contester. Juridiquement le raisonnement est d’ailleurs imparable. Juridiquement. Maintenant on comprend mieux l’inquiétude formulée par Lévi-Strauss dans Tristes Tropiques quand celui-ci écrivait à propos du formalisme juridique français « croyant qu’il suffit de régler les problèmes sur le papier pour que ceux-ci le soient effectivement ».
Le décret du 10 novembre 1977 n’a pas été annulé parce que contredisant le texte précédant qui ouvrait le droit au regroupement familial. Ce n’est pas le décret décidant de mettre en place le regroupement familial qui a conduit à la décision du Conseil, mais justement celle de le limiter. Et cette décision du Conseil se fonde sur des principes antérieurs au décret du 10 avril 1976, à savoir le préambule de 1946 (traduction dans le droit des principes du C.N.R, ce qui vous donne une idée). Donc le principe du regroupement familial pouvait être dégagé sans même l’existence d’un texte préalable. Que cela soit tombé en 1977 reste le fruit des circonstances. Y voir la marque de la volonté Giscardienne d’une page blanche est fausse. 

Donc n’en déplaise aux esprits simplistes qui comme le rappelait utilement Memento confondent trop souvent les intentions des acteurs et les effets de leurs actions ou de leurs actes, VGE n’a jamais inventé le regroupement familial mais a dû l’encadrer à la suite de cet arrêt du Conseil d’État (et a tenté de le faire avant) l’enjoignant à réglementer une immigration de peuplement qu’il fit tout pour enrayer. Et à l’époque le Chambellan de Giscard n’était pas Francis Bouygues comme le dit souvent Soral mais Michel Poniatoswki dont l’un des livres L’Avenir n’est écrit nulle part fait furieusement penser aux écrits du GRECE de la première période, Poniatowski dont un simple regard sur sa biographie wikipédia montre bien ses tendances droitières. J’irais même plus loin en disant que Giscard (sous l’influence d’un Ponia très sensible aux thèses de la Nouvelle Droite) fut peut être le seul chef de l’exécutif de droite à avoir sérieusement tenter de lutter contre l’immigration. Ce qu’il fut à peine plus d’un an après l’arrêt GISTI avec la loi Bonnet (janvier 1980) qui outre la suspension de l’immigration de travail, mettait en place une procédure de retour au pays. Loi que la gauche supprima en octobre 1981 après l’avoir vidé de son contenu auparavant.

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